Joy Division : L'histoire


Chapitre I - Origines (The Stiff Kittens & Warsaw) :

En 1976, le mouvement punk fit brutalement irruption et tira la musique pop de son apathie. Les leaders du mouvement furent les Sex Pistols, dont les titres célèbres, comme "Anarchy in the UK" ou "God save the Queen", allaient être les hymnes de cette génération du "no future". La plupart des musiciens punks ne savaient pas jouer, mais ne voyaient pas cela comme un obstacle pour atteindre leur but : monter sur scène et hurler leur rage à la face du monde ! Beaucoup étaient influencés par de célèbres groupes "culte" de la fin des années 60 et du début des années 70 : le Velvet Underground, Lou Reed, David Bowie, Alice Cooper, Les Stooges, Iggy Pop, Les Doors, etc...

Pendant la tournée Anarchy in the UK, les Pistols jouèrent à Manchester le 4 juin et le 20 juillet. Dans le public se trouvaient quatre jeunes gens vivant dans les environs de Manchester : Peter Hook, Bernard Albrecht et Terry Mason, trois copains d'école de Salford, ainsi que Ian Curtis - qui n'assista qu'au concert de juillet. Immédiatement, Peter, Bernard et Terry décidèrent de monter un groupe, avec Peter à la basse, Bernard à la guitare et Terry à la batterie, mais ils avaient besoin d'un chanteur. Ils passèrent une annonce au magasin de disques Virgin de Manchester. Ian y répondit et devint le chanteur du groupe, appelé alors the Stiff Kittens. Il allait également écrire les textes des chansons.

Ils répétèrent beaucoup durant quelques mois, et composèrent leurs premières chansons, dans le plus pur style punk. En mai 1977 le groupe changea son nom en Warsaw (en référence à "Warszawa" de Bowie) et Terry fut remplacé par Tony Tabac, bien que Terry resta proche du groupe. Un mois plus tard, Tony quittait le groupe et Steve Brotherdale prenait sa place. Ce fut à ce moment que Paul Morley du NME et le DJ Rob Gretton découvrirent le groupe et perçurent son remarquable potentiel. Warsaw enregistra une cassette de démo incluant cinq chansons aux Pennine Sound Studios en juillet, mais Steve quitta le groupe quelques jours après. Finalement, Stephen Morris rejoignit le groupe. En octobre, ils jouèrent à l'Electric Circus, qui devait fermer, avec The Fall et The Buzzcocks. Quelques morceaux furent enregistrés par Virgin comme témoignage de la scène punk de Manchester.

En décembre, ils enregistrèrent quatre titres, qui devaient apparaître plus tard sur "An Ideal For Living". En janvier 1978 le groupe changea de nouveau de nom pour s'appeler Joy Division, pour éviter toute confusion avec un autre groupe. Ils répètèrent intensément et composèrent de nouvelles chansons. Le 14 avril , ils participèrent avec 16 autres groupes à un concours : Tony Wilson, qui travaillait pour la chaîne Granada TV, et Rob Gretton furent grandement impressionnés par leur performance.

Joy Division
Photo © Kevin Cummins
reproduit avec aimable permission

Chapitre II - Naissance d'une légende (Joy Division - Factory) :

Joy Division entra en studio pour l'enregistrement de onze titres avec le label RCA. Pour la première fois, ils ne sonnaient pas comme tous les autres groupes punks. Mais certaines modifications faites par le producteur, et les conditions du contrat avec RCA leur déplurent. Pour cette raison le 21 mai, Bernard arriva à faire de Rob le manager du groupe. Le 8 juin, Tony ouvrait un club à Manchester, appelé The Factory I - d'après le nom du Factory de Warhol ou simplement après qu'Alan Erasmus, un acteur de théâtre, ami de Tony, ait vu un panneau avec ce mot dans le voisinage. Peter Saville, un jeune artiste local, conçut une affiche pour l'événement, et Joy Division sembla plein de promesses à beaucoup de critiques.

Ils répètèrent tout l'été ce qui eut pour effet immédiat de faire mûrir leur musique. Avec l'aide de Rob Gretton, ils purent empêcher la sortie du disque de RCA (qui devint plus tard le pirate "Warsaw"). Du fait de toutes ces répétions et de tous ces concerts, ils s'étaient considérablement améliorés, et les critiques comme le public étaient de plus en plus impressionnés. Le 20 septembre, ils passèrent sur Granada TV en live, et décidèrent de jouer "Shadowplay", un de leurs titres récents. Ils donnèrent un autre concert à the Factory où des exemplaires gratuits de "An Ideal for Living" furent distribués aux journalistes. Ce fut à cette occasion que les routes de Martin Hannett et de Joy Division se croisèrent pour la première fois.

A la fin de 1978, Tony Wilson et Alan Erasmus fondèrent une maison de disques appelée "Factory Records", qui deviendra le label indépendant le plus célèbre et créatif de son époque. Peter Saville fut choisi comme designer, et Martin Hannett comme producteur. En octobre, Hannett produisit deux titres de Joy Division, qui apparurent sur une compilation appelée "A Factory Sample". Les mois suivants, Rob Gretton organisa des concerts à Manchester, Leeds, Liverpool, Canterbury, Bristol, York et Londres, et le groupe commença à se créer un véritable public. Ils durent cependant faire face à un problème sérieux, car Ian était désormais victime de crises d'épilepsie.

Le 31 janvier 1979 , ils enregistrèrent quatre morceaux pour John Peel, le célèbre DJ sur BBC Radio 1. Cette Peel session fut diffusée deux semaines plus tard, et suivie d'un autre concert à Londres, puis d'une scéance d'enregistrement avec le label WEA, et enfin d'autres concerts, avec The Cure. Sur scène, Joy Division avait quelques caractéristiques spéciales : ils choisissaient les chansons qu'ils allaient interpréter juste avant le début du spectacle, et ils jouaient avec très peu de lumière à cause de l'épilepsie de Ian.

Joy Division
Photo © Paul Slattery

Chapitre III - Unknown Pleasures :

Rob Gretton et Tony Wilson se mirent d'accord pour produire le premier album du groupe. Joy Division répéta quasiment jour et nuit tout le mois d'avril, et composa environ quinze nouvelles chansons. Avec Martin Hannet ils travaillèrent intensément sur "Unknown Pleasures". Les dix titres sont remarquables, de par la musique et les paroles bien sûr, mais aussi grâce à l'apport incontestable de Hannett qui sut les entourer d'une aura particulière. L'atmosphère, le son des morceaux sont oppressants, sombres et claustrophobes, mais en même temps puissants, émouvants et éclatants.

Puis ils reprirent la route, jouant en Angleterre avec Orchestral Manoeuvres In The Dark et quelques autres, et enregistrèrent plusieurs titres pour une radio locale, Piccadilly Radio. L'impact et le renom de Joy Division grandissait rapidement, même s'ils refusaient les interviews de façon presque systématique - pensant que leur musique parlait parfaitement pour eux. Ils n'avaient pas de promotion publicitaire : simplement des concerts, des concerts et encore des concerts, surtout dans la région de Manchester. En juillet 1979 parut "Unknown Pleasures", dans sa pochette noire, agrémentée d'un simple dessin en noir et blanc. Le design de Peter Saville n'incluait ni photo des membres du groupe ni leur nom . L'album reçut des critiques particulièrement élogieuses - meilleur disque depuis le LA. Woman des Doors - et resta longtemps dans les classements anglais indépendants. Bizarrement, tous étaient encore des amateurs, avec chacun un métier !

La batterie claque comme des coups de feu, sauf quand Steven délivre de furieux roulements sur ses fûts, la basse est omniprésente, parfois menaçante, parfois plus calme, mais toujours utilisée d'une manière tout à fait inhabituelle pour un groupe pop, avec un rôle primordial dans l'architecture des chansons et la mélodie. La guitare joue souvent avec la basse, dans une sorte de contrepoint; le son varie, distordu ou clair, plus ou moins aggressif, flou ou brillant et à la précision chirurgicale. Le chant et les paroles de Ian élèvent encore le niveau : on sent que Joy Division ne triche pas, mais se dévoile et s'expose. La colère ou la peur que l'on entend dans sa voix sont simplement la vérité nue.

"I've been waiting for a guide to come and take me by the hand,
Could these sensations make me feel the pleasures of a normal man?
..." (Disorder)

"I guess you were right, when we talked in the heat,
There's no room for the weak, no room for the weak.
..." (Day of the Lords)

"Corrupted from memory,
No longer the power,
It's creeping up slowly,
That last fatal hour.
Oh, I don't know what made me,
What gave me the right,
To mess with your values,
And change wrong to right.
..." (Candidate)

"Guess your dreams always end.
They don't rise up just descend,
But I don't care anymore,
I've lost the will to want more,
I'm not afraid not at all,
I watch them all as they fall,
But I remember when we were young.
..." (Insight)

"A change of speed, a change of style.
A change of scene, with no regrets,
A chance to watch, admire the distance,
Still occupied, though you forget.
Different colours, different shades,
Over each mistakes were made.
I took the blame.
Directionless so plain to see,
A loaded gun won't set you free.
So you say.
We'll share a drink and step outside,
An angry voice and one who cried,
'We'll give you everything and more,
The strain's too much, can't take much more.'
I've walked on water, run through fire,
Can't seem to feel it anymore.
It was me, waiting for me,
Hoping for something more,
Me, seeing me this time,
Hoping for something else." (New Dawn Fades)

"Confusion in her eyes that says it all.
She's lost control.
And she's clinging to the nearest passer by,
She's lost control.
...
And she turned around and took me by the hand
And said I've lost control again.
And how I'll never know just why or understand
She said I've lost control again.
And she screamed out kicking on her side
And said I've lost control again.
And seized up on the floor, I thought she'd die.
..." (She's Lost Control)

"I did everything, everything I wanted to,
I let them use you for their own ends,
..." (Shadowplay).

"What did you see there?
I saw all knowledge destroyed.
I travelled far and wide through many different times.
...
What did you see there?
The blood of Christ on their skins,
I travelled far and wide through many different times.
I travelled far and wide and unknown martyrs died,
What did you see there?
I saw the one sided trials,
What did you see there?
I saw the tears as they cried,
..." (Wilderness)

"Down the dark streets, the houses looked the same,
Getting darker now, faces look the same,
And I walked round and round.
 ...
Had to think again,
Trying to find a clue, trying to find a way to get out!
..." (Interzone)

"Get weak all the time, may just pass the time,
Me in my own world, and you there beside,
The gaps are enormous, we stare from each side,
We were strangers for way too long.
Violent, more violent, his hand cracks the chair,
Moves on reaction, then slumps in despair,
Trapped in a cage and surrendered to soon,
Me in my own world, the one that you knew,
For way too long.
..." (I Remember Nothing)

Sur ces bases remarquables, l'apport de Hannett, incluant des synthétiseurs et du bruitage, plus un extraordinaire travail sur le son des instruments (avec Chris Nagle) crée une atmosphère unique de tension et de chaos.

A la fin juillet, Paul Slattery photographia Joy Division à Stockport, et le groupe donna une interview au NME. Au même moment, il travaillait avec Martin Hannett sur deux autres morceaux pour un single. Il repartit en tournée en août, principalement à Londres, avec Echo And The Bunnymen et Orchestral Manoeuvres, et à Liverpool. Ian, Peter, Steve et Bernard purent quitter leur autre job et se dédier totalement à Joy Division.

Leur performance au Leeds Futurama One festival fut grandement appréciée - ils jouèrent avec d'autres groupes comme Cabaret Voltaire, A Certain Ratio, Public Image Limited, Orchestral Manoeuvres In The Dark ... - ainsi qu'au Nashville Club à Londres. Invités par la BBC, ils jouèrent deux chansons pour le show TV "Something Else".

Après un autre concert à The Factory I, ils firent une tournée au Royaume-Uni en première partie des Buzzcocks : Liverpool, Leeds, Newcastle, Glasgow, Edinburgh, Aberdeen, Dundee, Bangor, Sheffield, Derby, Birmingham, Manchester, Leicester, Oxford, Bournemouth, Cardiff, Bristol, Londres, entre autres. Chaque nuit, le public était surpris et interpellé par la musique de Joy Division et l'intensité de leur performance sur scène. A Liverpool le public quitta les lieux juste après la prestation de Joy Division, comme s'il savait que rien d'aussi fort ne pourrait survenir, même si beaucoup n'avaient jamais entendu parler du groupe. A Bristol, les gens furent totalement vidés après leur apparition. De nombreux critiques, du NME, de Melody Maker ou de Sounds, partageaient exactement le même sentiment. Naturellement, les Buzzcocks devinrent jaloux du succès de Joy Division... Entre les concerts de la tournée, ils jouèrent aux environs de Manchester, et pour la première fois hors de Grande-Bretagne, à Bruxelles.

Le goupe fut alors contacté par le vice-président de Warner Brothers Records, qui leur offrit un million de dollars pour les signer sur son label. Rob Gretton et le groupe déclinèrent l'offre.

Le 26 novembre, Joy Division enregistra une seconde John Peel session avec Tony Wilson, qui fut diffusée quelques semaines plus tard sur Radio One.

Joy Division
Photo © Pierre René-Worms
reproduit avec aimable permission

Chapitre IV - Closer :

Rob Gretton planifia une tournée en Europe pour Joy Division en décembre 1979 et janvier 1980. Onze dates en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Le premier concert fut donné à Paris, aux Bains-Douches : Bernard Lenoir, le John Peel français, diffusa le groupe live sur les ondes de la radio française; puis eurent lieu un concert à Manchester dans la nuit du Nouvel An, et celui du Paradiso à Amsterdam, où Joy Division, qui n'avait pu trouver de première partie, joua deux fois de suite !

Les shows suivants se déroulèrent à La Haye, Nimègues, Anvers, Cologne - dans une ancienne église, Rotterdam, Bruxelles, Eindhoven, Groningue et Berlin. De retour en Angleterre, ils travaillèrent à la composition de nouveaux morceaux - dont "Love Will Tear Us Apart" - et jouèrent à cinq reprises, à Londres, High Wycombe, Preston, Londres de nouveau et Bristol, A Certain Ratio assurant la première partie. Lors du concert de Preston, ils eurent de nombreux problèmes techniques, et Ian parla longuement au public, pour le faire patienter !

En mars 1980, ils entrèrent aux Britannia Row Studios pour enregistrer leur second album avec Martin Hannett. Entre temps ils avaient gravé "Atmosphere" et "Dead Souls", pour le single "Licht Und Blindheit", dans une édition française limitée à 1578 copies. Dans cet album, "Closer", ils fouillèrent encore plus profondément leurs pensées et leurs sentiments. Encore une fois, le travail et le talent incroyables de Martin Hannett offrirent à la superbe musique de Joy Division l'écrin le plus parfait.

Après l'enregistrement, en avril, le groupe donna quelques concerts : à Londres, au Moonlight Club, et au Rainbow Theatre, où les lumières, trop fortes, déclenchèrent chez Ian une terrible crise d'épilepsie à la fin du spectacle. Mais le groupe devait donner un deuxième concert la même soirée, à nouveau au Moonlight Club. Après un début furieux, Ian s'effondra, incapable de bouger ou de chanter.

Le groupe était déjà considéré comme culte, et toutes ses prestations scéniques étaient à deux doigts de provoquer l'émeute ou le chaos, aussi bien interne qu'externe : "Contrairement à The Fall, qui me donne envie de sortir et de donner un coup de pied à un chat, Joy Division me convainc que je pourais cracher à la face de Dieu." (Neil Norman, NME).

Joy Division devait préparer sa première tournée aux US avec les Buzzcocks, et huit concerts furent organisés à cet effet : mais la santé de Ian se détériorant, seuls cinq eurent lieu, à Malvern, Bury - où Ian ne put tenir très longtemps son rôle, Manchester, Derby et Birmingham le 2 mai.

"Closer" devait être publié sous peu - Factory avait entre temps sorti un 45 tours flexible gratuit avec de nouveaux titres, Joy Division devait partir pour les Etats-Unis - la tournée avait été promue par la regrettée Ruth Polsky, qui organisa les concerts de New Order et de nombreux autres groupes new-wave anglais dans la première moitié des années 80 - et Warner Brothers Records leur avait de nouveau offert un contrat d'un million de dollars, assorti d'une totale liberté artistique.

Mais Ian n'en pouvait plus : sa santé et des problèmes sentimentaux l'accablaient. Le 17 mai, il revint dans sa maison à Macclesfield, regarda Stroszek, un film de Werner Herzog, l'histoire d'un chanteur, un paumé, qui finit par se suicider, écouta l'album d'Iggy Pop "The Idiot" et le matin du 18 mai se pendit dans sa cuisine. Il fut incinéré au cimetière de Macclesfield le 23 mai.

John Peel annonça la mort de Ian sur Radio One le 19 mai, et rendit hommage au groupe et à l'homme avec "Atmosphere", qui était alors quasi-inconnu au Royaume-Uni. Peter, Steve, Bernard, Martin, Rob, Tony et les autres étaient tout simplement anéantis par le suicide de Ian. "Closer" et le single "Love Will Tear Us Apart" sortirent finalement à la fin de juin 1980. Les pochettes, qui avaient été choisies des mois auparavant, étaient comme toujours designées par Peter Saville : elles incluaient deux photos en noir et blanc de Bernard Pierre Wolff, un remarquable photographe français, prises dans le cimetière de Gênes, Il Staglieno : un Christ mort entouré de personnes le veillant pour "Closer", et un ange se lamentant pour "LWTUA".

"LWTUA" inclut deux versions de la chanson, car ni Joy Division ni Martin Hannett n'avaient pu se décider sur la version qu'ils préféraient. Le titre atteignit la cinquième place des classements Indies. Une video du morceau fut égalemnt diffusée. La beauté et la force de "Closer" viennent de la convergence du travail intense du groupe, du monde intérieur de Ian avant que celui-ci ne s'effondre, et des visions et de la magie de Martin.

Assez bizarrement, plusieurs livres ont été écrits sur "Unknown Pleasures" et aucun sur "Closer". Peut-être parce que "Closer" va là où aucun groupe "pop" ne s'est jamais aventuré ?

"Asylums with doors open wide,
Where people had paid to see inside,
For entertainment they watch his body twist,
Behind his eyes he says, 'I still exist.'
This is the way, step inside.
In arenas he kills for a prize,
Wins a minute to add to his life.
But the sickness is drowned by cries for more,
Pray to God, make it quick, watch him fall.
This is the way, step inside.
You'll see the horrors of a faraway place,
Meet the architects of law face to face.
See mass murder on a scale you've never seen,
And all the ones who try hard to succeed.
This is the way, step inside.
And I picked on the whims of a thousand or more,
Still pursuing the path that's been buried for years,
All the dead wood from jungles and cities on fire,
Can't replace or relate, can't release or repair,
Take my hand and I'll show you what was and will be." (Atrocity Exhibition)

"Mother I tried please believe me,
I'm doing the best that I can.
I'm ashamed of the things I've been put through,
I'm ashamed of the person I am.
..." (Isolation)

"This is a crisis I knew had to come,
Destroying the balance I'd kept.
Doubting, unsettling and turning around,
Wondering what will come next.
Is this the role that you wanted to live?
I was foolish to ask for so much.
Without the protection and infancy's guard,
It all falls apart at first touch.
..." (Passover)

"A cry for help, a hint of anaesthesia,
The sound from broken homes,
We used to always meet here.
As he lays asleep, she takes him in her arms,
Some things I have to do, but I don't mean you harm.
A worried parent's glance, a kiss, a last goodbye,
Hands him the bag she packed, the tears she tries to hide,
A cruel wind that bows down to our lunacy,
And leaves him standing cold here in this colony.
I can't see why all these confrontations,
I can't see why all these dislocations,
No family life, this makes me feel uneasy,
Stood alone here in this colony.
..." (Colony)

"We fought for good, stood side by side,
Our friendship never died.
On stranger waves, the lows and highs,
Our vision touched the sky,
..." (A Means to an End)

"...
A struggle between right and wrong.
You take my place in the showdown,
I'll observe with a pitiful eye,
I'd humbly ask for forgiveness,
A request well beyond you and I.
...
An abyss that laughs at creation,
A circus complete with all fools,
Foundations that lasted the ages,
Then ripped apart at their roots.
Beyond all this good is the terror,
The grip of a mercenary hand,
When savagery turns all good reason,
There's no turning back, no last stand.
...
Existence well what does it matter?
I exist on the best terms I can.
The past is now part of my future,
The present is well out of hand.
..." (Heart and Soul)

"So this is permanence, love's shattered pride.
What once was innocence, turned on its side.
A cloud hangs over me, marks every move,
Deep in the memory, of what once was love.
Oh how I realised how I wanted time,
Put into perspective, tried so hard to find,
Just for one moment, thought I'd found my way.
Destiny unfolded, I watched it slip away.
Excessive flashpoints, beyond all reach,
Solitary demands for all I'd like to keep.
Let's take a ride out, see what we can find,
A valueless collection of hopes and past desires.
...
Now that I've realised how it's all gone wrong,
Gotta find some therapy, this treatment takes too long.
Deep in the heart of where sympathy held sway,
Gotta find my destiny, before it gets too late." (Twenty-four Hours)

"Procession moves on, the shouting is over,
Praise to the glory of loved ones now gone.
Talking aloud as they sit round their tables,
Scattering flowers washed down by the rain.
Stood by the gate at the foot of the garden,
Watching them pass like clouds in the sky,
Try to cry out in the heat of the moment,
Possessed by a fury that burns from inside.
Cry like a child, though these years make me older,
With children my time is so wastefully spent,
A burden to keep, though their inner communion,
Accept like a curse an unlucky deal.
Played by the gate at the foot of the garden,
My view stretches out from the fence to the wall,
No words could explain, no actions determine,
Just watching the trees and the leaves as they fall." (The Eternal)

"Here are the young men, the weight on their shoulders,
Here are the young men, well where have they been?
We knocked on the doors of Hell's darker chamber,
Pushed to the limit, we dragged ourselves in,
Watched from the wings as the scenes were replaying,
We saw ourselves now as we never had seen.
Portrayal of the trauma and degeneration,
The sorrows we suffered and never were free.
Where have they been?
Where have they been?
Weary inside, now our heart's lost forever,
Can't replace the fear, or the thrill of the chase,
Each ritual showed up the door for our wanderings,
Open then shut, then slammed in our face.
Where have they been?
Where have they been?" (Decades)

Les chansons semblent venir - plus que jamais - d'un autre monde, avec les paroles de Ian remplies de doutes, d'inquiétude et de peurs, la basse bourdonnante de Peter, les riffs tranchants et acérés de la guitare de Bernard et la batterie hypnotisante de Steve, encore une fois sublimés par l'apport de Martin (synthétiseurs, travail sur le son ..., avec l'assistance de John Caffery et de Michael Johnson).

"Closer" atteignit la sixième place des charts anglais, et les critiques furent unanimes à le louer. "LWTUA" monta jusqu'à la treizième place du classement des singles, et Joy Division fit la razzia du classement annuel du NME. Bien que leur musique ne ressemblait à aucune autre, elle fut classée comme new-wave, cold-wave ou gothic, mais quel que soit son nom, elle influença de nombreux goupes new-wave (The Cure, Echo and the Bunnymen, U2, etc...).

Closer

Chapitre V - New Order :

Les membres du groupe s'étaient mis d'accord pour qu'en cas de départ de l'un d'entre-eux, quelle qu'en soit la raison, Joy Division s'arrête. Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Albrecht (maintenant Sumner) formèrent New Order, très vite rejoints par Gillian Gilbert aux claviers, Bernard prenant en charge le chant. Mais, de leur premier album, "Movement" - sombre, encore une fois produit par Martin Hannett et toujours dans la lignée de Joy Division - à leurs chansons de danse décalées, ceci est une autre histoire, qui inclut la plus grosse vente de maxi 45 T au monde : "Blue Monday".

Pendant plus d'une décennie et demie, New Order ne joua quasiment jamais de morceau de Joy Division - à l'exception de leurs deux derniers titres que Joy Division n'enregistra jamais en studio ("Ceremony" et "In A Lonely Place"). Depuis leur retour à la fin des années 90, ils jouent en général quelques chansons de Joy Division à chaque concert.

En 1980 et 1981, Factory publia le single "Atmosphere" et l'album "Still", avec des titres rares et les chansons du concert de Birmingham de mai 1980, qui atteignit la cinquième place des charts anglais. En 1982 Ikon sortit une vidéo de Joy Division, filmée lors de plusieurs concerts du groupe "Here are the young men", et en 1986 et 1987, les "Peel Sessions" furent éditées. Factory publia un CD appelé "Substance" en 1988, avec les singles de Joy Division et quelques morceaux inédits, en même temps qu'un autre "Substance", pour New Order celui-là. Une vidéo pour "Atmosphere" fut tournée par Anton Corbijn, qui avait photographié le groupe à diverses occasions.

En 1995, quinze ans après la mort de Ian, une nouvelle compilation "Permanent" fut éditée, et en 1998 un coffret de 4 CD "Heart And Soul" fut commercialisé, suivi en 1999 par le concert de Preston, "Preston 28 February 1980". Les Peel sessions furent rééditées en 2000 dans le CD "The Complete BBC Recordings", et le concert de Paris, "Les Bains Douches 18 December 1979" sortit en 2001. Les années suivantes virent la sortie d'autres disques, dont "Refractured BoxOne" et quantité de disque semi-officiels, la plupart des enregistrements "live", mais aussi "Martin Hannett's Personal Mixes". En 2007 "Unknown Pleasures", "Closer", "LWTUA" & "Still" ont été réédités avec des bonus en tant que double CD mais aussi en vinyl.

De nombreux livres ont été écrits sur Joy Division, New Order et Ian Curtis dans plusieurs pays, dont la biographie de Ian par sa veuve, Deborah, et celle particulièrement intéressante de Mick Middles et Lindsay Reade, l'ancienne femme de Tony Wilson.

Le film "24 Hour Party People" réalisé par Michael Winterbottom, l'un des plus grands cinéastes anglais, raconte l'histoire de Factory, de l'époque punk à la faillite du label, avec des acteurs remarquables. En 2007, "Control", une biographie filmée de Ian Curtis, réalisée par Anton Corbijn a gagné plusieurs prix au Festival de Cannes.

"Joy Division - A Documentary" de Grant Gee sorti également en 2007 est un excellent complément aux films. 2007 a enfin été l'année qui a vu la sortie du livre tant attendu des photos de Joy Division prises par Kevin Cummins, "Juvenes".

D'autres livres ont également été publiés les mois suivants, certains sur les associés de Joy Division ou de Factory (Martin Hannett, Tony Wilson, Rob Gretton...) - d'autres par ou sur des membres du groupe (Bernard Sumner, Peter Hook) suivis d'un nouveau livre de photos de Kevin Cummins en 2010. "Unknown Pleasures", une exposition au Macclesfield Silk Museum pour célébrer Ian Curtis et Joy Division s'est déroulée durant l'été 2010, avec près de 150 pièces prêtées par des fans ou les membres du groupe, comprenant des posters originaux, des flyers, des photos et des lettres.

Peter Hook a ouvert un nouveau club / salle de concert à Manchester, et joué un concert Joy Division incluant tous les titres de "Unknown Pleasures" le 18 mai 2010, avec son nouveau groupe, The Light. Peter Hook and the Light ont depuis donné des concerts sur plusieurs continents, jouant alternativement "Unknown Pleasures" et "Closer", avec un point d'orgue lors de 2 concerts "Unknown Pleasures" + "Closer" à Salford en novembre 2011. Ils ont également enregistré quelques chansons de Joy Division et entamé des tournées en interprétant aussi du New Order.

Plusieurs nouveaux morceaux de la période Warsaw ont été retrouvés et ont fait leur chemin sur Internet ou sur disque pirate ("Reaction", "Tension", "Lost"), l'un étant d'ailleurs enregistré par the Light ("Pictures In My Mind").

Comme Joy Division avait conquis un public très fidèle, et atteint cette réputation de groupe culte, de nombreux enregistrements pirates sont recensés, issus des différents concerts du groupe, à cette époque où la musique était composée et jouée par des hommes - et non pas par des DJ ou des machines. Des hommes qui ne voulaient pas faire de compromis pour obtenir gloire ou argent.

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MAJ 2014-10-25    Copyright © Michel ENKIRI