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New Order : Paris L'Olympia 2001 (1)


New Order Paris Olympia 2001 ticket

Dimanche 11/11/01

New Order n'avait pas joué en France depuis plus d'une bonne décennie - depuis les concerts de Montpellier et Lyon ! Ils avaient été relativement discrets durant les années 90, en dehors de leurs projets personnels, de compilations et de remix. Leur dernier album avait reçu d'élogieuses critiques dans la presse, et était plus convaincant que son prédecesseur. Mais beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts, le groupe manqué disparaître, les kilos superflus et les cheveux grisonnants fait leur apparition, Factory fait faillite, l'Haçienda été fermée, Martin & Rob étaient morts entre temps, et nul ne pouvait dire si Gillian faisait encore partie de New Order...

Ils étaient la tête d'affiche 2 soirs consécutifs du Festival Inrock dans la salle mythique de l'Olympia. Je n'avais pourtant pas hésité un instant à prendre des billets pour les deux concerts, mais j'avais malgré tout des sentiments mitigés en attendant leur arrivée, dans une salle archi-comble, accompagné par Françoise, ma soeur cadette, qui ne les avait jamais vus sur scène. Allaient-ils être aussi bons qu'avant, ou serais-je déçu? J'en profitais pour acheter des T-shirts en me disant "C'est toujours cela de pris!".

Bernard, Steve et Peter montèrent sur scène, avec Phil Cunningham (guitare &clavier), et Bernard parla au public (!), en français (!!), en présentant le groupe (!!!) avant le premier morceau, "Crystal". Le son était d'entrée de jeu net et bien équilibré, la chanson pleine d'énergie, Hooky aussi impressionnant que d'habitude. Pas de répit, et ils jouèrent "Transmission" de Joy Division, Steve assurant de furieux roulements de batterie. Je me suis toujours méfié des reprises de chansons de Joy Division - la seule fois où j'avais été totalement convaincu avait été à un concert de Ian McCulloch à Paris au Bataclan en 1990 quand il avait chanté "Ceremony" - mais le plaisir d'écouter ces titres joués live, et la fougue de l'interprétation les rendaient bien plus que très agréables.

Puis vint "Regret", et un remarquable "Ceremony" avec un excellent Bernard, aussi bien en tant que chanteur que guitariste. New Order avait vraiment l'air heureux, le public aussi, et nous dansions de (gentils) pogos, dans les derniers rangs de l'orchestre. Suivirent "60 Miles An Hour" et "Your Silent Face" avec de jolis jeux de lumière et Bernard jouant sur son instrument étrange. Quelques mots "Cà fait longtemps ... Ce n'est pas vraiment de votre faute" avant d'attaquer "Atmosphere". Là encore, Steve et Peter prouvèrent combien ils étaient bons (et le restent) et pourquoi New Order avait pu survivre à la disparition de Joy Division et de Ian...

Une autre nouveauté, "Close Range", puis ils continuèrent avec "Touched By The Hand Of God" (version plutôt brutale mais fort convaincante), "Bizarre Love Triangle" (vivifiant) et "True Faith" avec une intro type remix, pour finalement atteindre un superbe sommet avec une version fantastique de "Temptation" (et à nouveau de très beaux éclairages), qui fut suivie de "Love Will Tear Us Apart". A la fin de la chanson, Hooky resta seul sur scène en jouant la mélodie sur sa basse pendant près d'une minute, en la dédiant ("C'était pour toi...") au moment où il sortait.

Le groupe revint pour un rappel : "Vous avez été un public très sympa, vous aurez 3 morceaux supplémentaires" dit Barney, et ils jouèrent "Rock The Shack", "Ruined In A Day" et "Blue Monday". Puis ils repartirent - jusqu'au lendemain - avec un sonore "Au revoir" de Peter.

Ils avaient joué en tout une heure et quarante minutes et prouvé à tout le monde qu'ils étaient bien de retour ! Dave Simpson avait écrit après leur concert à Liverpool (18 juillet 2001) : "Quand ils commencent à jouer l'immortel 'Atmosphere', de leur période Curtis - Joy Division , on peut presque entendre les mâchoires se décrocher et tomber par terre par dessus le staccato de la batterie et les lignes mélancoliques de la basse. "Don't walk away in silence," vrombit Bernard Sumner, et plusieurs générations de spectateurs se demandent comment ils ont jamais pu douté de New Order".

Alors que je marchais pour rentrer chez moi, je me sentais plus jeune de 15 ans et j'avais l'impression que tout était agréablement chaud.

Paris Olympia venue

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MAJ 2014-12-04    Copyright © Michel ENKIRI